Un appareil qui vaut son pesant d’économies

Cartier énergie éolienne a inventé un instrument de très haute précision pour inspecter les pales des turbines éoliennes. Le dispositif est plus sécuritaire, plus rapide et plus économique que tout ce qui existe sur le marché.

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Parc éolien L’Anse-à-Valleau, au Québec.

 

On dit que la nécessité est la mère de l’invention. Pour Cartier énergie éolienne, la nécessité était de trouver un moyen plus sécuritaire, plus rapide et plus économique d’inspecter les pales de ses – 1 179 ! – turbines.

Auparavant, le seul moyen d’inspecter les pales de turbine était d’embaucher des hommes-araignées, qui escaladaient les pales avec un appareil photo sur leur casque. Ceci exigeait l’arrêt complet de la turbine pour une durée de trois à six heures et ne permettait d’inspecter qu’une turbine par jour, et encore seulement un côté des pales.

Robert Guillemette, directeur général de Cartier énergie éolienne et inventeur fécond, a donc entrepris de trouver une meilleure solution. Pour ce faire, son équipe et lui ont recruté l’expertise technologique de Collineo, une petite entreprise de Montréal se spécialisant dans les solutions robotiques mobiles innovatrices et performantes. Ils ont conçu un instrument unique en son genre : un appareil photo de très haute précision, monté sur un télescope puissant, qui peut être rapidement téléguidé pour balayer la surface d’une pale. Des lasers sur le télescope permettent de positionner l’instrument et de mesurer des distances avec une grande précision. Cartier et Collineo partagent la propriété intellectuelle de cette invention, qui est en attente de brevet.

Les résultats jusqu’à présent sont impressionnants. Selon Robert Guillemette, « l’appareil a permis d’améliorer la santé et la sécurité en éliminant le besoin d’escalader et de descendre en rappel le long des turbines. De plus, il réduit le temps d’arrêt de chaque turbine à moins d’une heure. Il balaye les deux côtés et le bord d’attaque de chaque pale, et permet aux opérateurs d’inspecter de quatre à six turbines par jour – donc quatre à six fois plus qu’avec l’ancienne méthode. » Il estime que les coûts d’inspection ont été réduits de 70 % à 80 %.

Par ailleurs, grâce à son zoom très puissant, l’appareil photo permet de photographier des fissures aussi petites qu’un cheveu humain. L’équipe de Cartier a conçu un système d’analyse de ces photos qui permet la détection précoce et la réparation de ces fissures, et qui conduira à une réduction significative des coûts d’entretien avec le temps.

L’appareil sera utilisé dans les cinq parcs éoliens de Cartier pour les inspections périodiques et de fin de garantie (à l’échéance des contrats d’entretien avec le fabricant des turbines). L’entreprise espère éventuellement s’en servir pour l’entretien préventif des pales, qui ont une durée de vie de 20 ans et plus.